BRUXELLES 1MUNUCCLE

L’équilibre entre censure et désinformation 

Article written according to the point of view of Jeune Afrique – a monthly magazine which offers coverage of African and international political, economic and cultural news. Cet article a été écrit du point de vue du menusel Jeune Afrique.

Bruxelles – Le 7 octobre 2025, le forum citoyen sur la liberté d’expression et le droit à l’information s’est réuni pour débattre de l’équilibre entre censure et désinformation à une époque où le problème devient très aigu y compris dans les démocraties. Aujourd’hui on peut tous facilement se rendre en ligne et faire face à de la désinformation : réseaux sociaux, médias alternatifs, influence des algorithmes ne font qu’empirer la situation. Deux menaces contraires : la désinformation qui fragilise la démocratie, et la censure qui l’étouffe.  

Des citoyens contre la censure et la désinformation 

La censure et la désinformation sont une véritable arme destructrice aux usages multiples. Tout d’abord, c’est un outil de manipulation politique. Une citoyenne de l’Afghanistan, explique sa position. Elle explique la situation en 2020. Peur, guerre, misère, les talibans ont repris le pouvoir. En premier la répression des femmes a commencé, elle a dû arrêter son travail, et puis deuxièmement, l’arme destructrice – la désinformation. Elle a envahi les réseaux sociaux : de faux comptes affirmaient que tout allait bien, que les femmes pouvaient encore travailler, étudier, sortir. Certains médias, sous contrôle, répétaient ces mêmes mots. En réalité, la censure et les menaces régnaient. Si tu publiais un message critique, ton compte disparaissait, parfois même toi. De plus, depuis peu, l’accès à Internet pour les Afghans ainsi la crise humanitaire et économique ne fait que s’aggraver. Cette Afghane explique qu’Internet qui autrefois lui servait de fenêtre sur le monde et d’éducation via les cours en ligne a maintenant tout simplement disparu, surtout pour les femmes qui ne peuvent plus accéder à une éducation au même titre que les garçons. Pour elle, la censure est encore pire. Même quand elle essaye de se révolter, de donner une voix aux femmes écrasées par la désinformation, celle-ci se retrouve brutalement censurée. 

Puis, une citoyenne Pakistanaise, 41 ans, influenceuse sur les réseaux sociaux, ouvre le regard sur l’économie du clic : la désinformation comme business. Les fausses informations circulent vite parce qu’elles sont spectaculaires, émotionnelles et virales. Les plateformes sociales en profitent : plus un contenu est partagé, plus il génère de la publicité. Cela crée un écosystème économique où la vérité pèse moins que la visibilité. Elle connaît bien le pouvoir des réseaux sociaux, ainsi que leurs dangers. Elle observe aussi très peu de censure sur les posts qui utilisent la désinformation comme outil de violence. Elle cite comme exemple la plateforme X, ancien Twitter, qui, comme elle le fait remarquer, a bloqué directement le compte du rappeur américain Kanye West en 2021 pour des posts qui incitent à la haine, notamment certains posts qui mélangent la swastika (symbole nazi) avec une étoile juive. Selon elle, la censure devrait être utilisée, comme dans cet exemple, pour protéger les plateformes de la propagation de la haine sur les réseaux.  

Des citoyens pour la censure  

Au Myanmar, une citoyenne qui travaille dans le gouvernement du pays explique que la censure est importante dans son travail pour plusieurs raisons, comme par exemple la loyauté envers le régime en place. Le Myanmar est depuis longtemps dirigé par un régime autoritaire, actuellement une junte militaire. Une fonctionnaire peut soutenir la censure par loyauté, estimant que contrôler l’information aide à maintenir la stabilité politique ou à protéger le gouvernement, mais aussi par crainte du chaos ou des conflits. Le pays a connu de fortes tensions ethniques et religieuses (par exemple avec les Rohingyas). La citoyenne birmane peut penser que la censure est nécessaire pour éviter la diffusion de discours de haine, de fausses informations ou d’appels à la violence. Dans ce cas, elle voit la censure comme un outil de maintien de la paix plutôt que comme une répression.  

De plus, on retrouve la censure comme influence idéologique. Certains employés du gouvernement sont formés à considérer que la liberté d’expression occidentale n’est pas adaptée à leur société. Elle croit que le contrôle de l’information protège les valeurs traditionnelles, la religion bouddhiste ou la sécurité nationale. En fait, elle exprime une vision paternaliste sur la population. Elle peut penser que le peuple n’est pas prêt à gérer toute l’information librement, et que le gouvernement doit filtrer les contenus dangereux ou déstabilisants — une justification souvent utilisée par les régimes autoritaires. 

Une deuxième citoyenne, cette fois-ci du Venezuela manifeste des raisons similaires pour défendre la censure comme le soutien au gouvernement et au socialisme bolivarien. Le gouvernement vénézuélien (notamment sous Hugo Chávez puis Nicolás Maduro) justifie souvent la censure comme un moyen de protéger la révolution bolivarienne contre les « ennemis » internes ou étrangers. Une fonctionnaire peut donc soutenir la censure par conviction idéologique. De plus, elle voit la censure comme protection de la stabilité politique. Dans un pays confronté à une crise économique et sociale profonde, les autorités craignent que les critiques ou les rumeurs alimentent des manifestations ou des émeutes. 

Pour conclure, La désinformation, devenue une arme redoutable, déforme la réalité et sape la confiance collective. Mais la censure, elle, étouffe les voix qui voudraient justement rétablir cette vérité. Les témoignages venus d’Afghanistan, du Pakistan, du Myanmar ou du Venezuela montrent que chaque pays vit ce dilemme différemment, selon son histoire et ses priorités politiques. Pourtant, une leçon universelle se dégage : ni la désinformation ni la censure ne protègent réellement la société. L’une nourrit l’ignorance, l’autre la peur. Trouver l’équilibre est un processus long est dur à propos duquel ce forum citoyen n’a à présent pas fini de débattre.  

Elena Chuchkova, EEB1, Munuccle 2025.

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