Lettre fictive à Abou Sangaré, acteur du film L’Histoire de Souleymane
Cher Abou Sangaré,
Je viens de voir L’Histoire de Souleymane au cinéma et je voulais exprimer mes compliments pour ce film incroyable.
Ce qui m’a touchée le plus par votre performance était que vous avez donné une humanité et une histoire très importantes au parcours de Souleymane. J’ai ressenti une grande tristesse face à l’injustice et au désintérêt de l’administration française. En même temps, j’ai éprouvé de l’admiration pour la dignité et la patience de Souleymane, que vous avez transmises à travers une performance parfaite. J’ai été particulièrement choquée par votre façon de montrer la violence, l’attente et le doute constant.
La scène qui m’a particulièrement marquée était la fin du film, quand Souleymane a eu son entretien à l’OFPRA. Pendant cette scène, j’ai ressenti le stress, la peur et l’épuisement du récit qu’il devait construire. La complexité de la conversation avec l’employée de l’OFPRA était montrée à travers la décision de dire la vérité et de ne pas rédiger le récit attendu. Selon moi, c’était génial de montrer une partie de cette scène au début du film et de la résumer à la fin, après avoir raconté l’histoire. Cette conclusion ouverte m’a donné envie de savoir comment l’histoire finit et si Souleymane a reçu son titre de séjour. Je pense que ce film est essentiel, car il nous montre la réalité de notre société et comment trop souvent nous ignorons ces problèmes.
Votre représentation du personnage principal est très bien faite et m’a fait penser à votre propre rapport à Souleymane. Cela m’amène à vous poser deux questions. Comment avez-vous pris la décision de jouer ce rôle ? Et après avoir tourné ce film, quel est le message le plus important qui est adressé à notre société en rapport avec les migrants ?
J’ai hâte de voir vos prochains films et je vous remercie pour ce moment de cinéma inoubliable. Avec tous mes remerciements et mon profond respect.
Clelia Bartholmes, S7DEA

