BRUXELLES 1VIE DES ECOLES

Témoignage : donner son sang, une première étape dans la vie de majeur

Uccle, le 10/05/2026. Le Château est sans doute l’un des lieux les plus emblématiques de l’École européenne d’Uccle. Pourtant, les élèves y entrent rarement sans une bonne raison, souvent liée à des problèmes disciplinaires. Cette fois, cependant, pas de punition : pour ma deuxième entrée au Château en sept ans, je viens donner mon sang.

Comme chaque année, la Croix-Rouge s’est déplacée à l’école pour pouvoir recueillir des dons de sang. Ceux-ci sont primordiaux et permettent de sauver des vies. Une fois prélevé, le sang est séparé en trois parties : les globules rouges, le plasma et les plaquettes. Les globules rouges sont conservés 42 jours maximum entre 2 et 6 degrés. Le plasma est congelé à -25 °C et peut être conservé très longtemps. Enfin, les plaquettes ne se conservent que 5 jours entre 20 et 24 degrés, en mouvement constant. Il existe différentes méthodes pour ne donner que ses plaquettes ou uniquement du plasma, mais pour commencer un simple don de sang me suffit. La poche utilisée est en réalité composée de quatre poches différentes qui permettront de séparer automatiquement les différents composants.

A mon arrivée au Château, plusieurs tables sont installées dans le hall où les donneurs remplissent des questionnaires médicaux. Je me dirige vers une dame en blouse blanche qui me demande mon prénom et me fournit deux formulaires à remplir. Le premier porte sur mes informations personnelles. La seconde série de questions est plus détaillée : voyages, antécédents médicaux, consommation de drogues ou encore relations sexuelles. Derrière ces interrogations parfois déstabilisantes se cache une nécessité évidente : garantir la sécurité des receveurs en évitant toute transmission de maladie. Après être repassé par l’infirmière de l’accueil et avoir patienté quelques minutes, j’ai pu aller voir le médecin.

Je traverse d’abord une pièce remplie de lits qui semblent être à la frontière entre un brancard et un lit de camp, où d’autres personnes sont déjà allongées en train de donner leur sang. J’entre dans une pièce remplie de dossiers et richement décorée, où un médecin m’attend. Il s’agit du bureau de M. Tran, notre directeur. Le médecin me pose différentes questions, notamment pour confirmer mes réponses au deuxième questionnaire. Ensuite, il m’indique que mon sang va pouvoir être prélevé à condition que j’aie un taux d’hémoglobine suffisant.

Je suis confié à une infirmière qui m’installe sur un lit. Je suis surpris : ceux-ci sont plutôt confortables. On me relève le bas des jambes pour éviter que je m’évanouisse. Ensuite, une infirmière plante l’aiguille : un petit picotement de deux secondes, puis plus rien. Tous ceux qui craignent d’avoir mal peuvent être rassurés. On me prélève d’abord un peu de sang pour vérifier si j’ai une bonne quantité d’hémoglobine. Ensuite, différents échantillons sont prélevés pour faire les tests obligatoires : hépatites B et C, VIH et syphilis. D’autres tests sont également effectués après un voyage en Amérique latine ou en Afrique. Par la suite, pendant une dizaine de minutes, on me place une balle en main que je dois presser régulièrement pendant qu’on me prélève presque 500 mL de sang.

Une fois le prélèvement terminé, l’infirmière vient me voir et m’enlève l’aiguille ainsi que le brassard qui comprimait mon bras. Il faut rester allongé trois minutes, puis se relever progressivement et rester assis deux minutes sur le bord du lit. Après ce rapide processus, je prends mon sac et je retourne dans la salle d’attente. Là, j’attends dix minutes pour vérifier que tout va bien. J’en profite pour me servir des gaufrettes et des boissons. Après un don de sang, il est important de bien s’hydrater pour remplacer le demi-litre de sang qui a été prélevé.

C’est donc le ventre plein que je sors du Château. Je marche. Tout me semble normal. J’ai quand même remarqué qu’en classe je tremblais légèrement, rien de grave bien sûr. Après un don de sang, plusieurs choses sont déconseillées, comme boire de l’alcool et pratiquer du sport dans les 24 h. Je dirais même 48 h pour la prochaine fois : je suis allé nager le lendemain dans l’après-midi et j’ai rapidement senti la fatigue en sortant de l’eau.

Au-delà de l’aspect médical, cette expérience représente aussi une étape symbolique. Donner son sang, c’est participer concrètement à une action utile et réservée aux majeurs. Une manière simple mais marquante d’entrer dans la vie adulte.

Cette collecte a été un franc succès : 37 poches ont été prélevées sur les 43 personnes qui se sont présentées. Parmi elles, 25 ont effectué leur premier don ce jour-là

Je remercie chaleureusement l’équipe de la Croix-Rouge pour son accueil et le déplacement. Un grand merci à M. Tran qui a accepté de laisser son bureau pour la journée. Finalement, quelques minutes suffisent pour accomplir un geste capable de sauver des vies.

S7, EEB1, Marin Bruneval

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