S’engager en Afrique pour une ONG

Est-réellement possible de s’engager pour un monde plus juste quand on a quinze, seize ou même dix-sept ans ? l’ONG Défi Belgique Afrique (DBA) répond par l’affirmative en proposant aux jeunes Belges de participer au projet Do it with Africa. Le Do it, c’est plus de 4000 jeunes, interpellés par les injustices, qui se mobilisent depuis 1987 et le projet est en général lancé en novembre de chaque année. Grâce à ce dernier, des adolescents ont l’occasion de partir en séjour d’immersion dans un pays d’Afrique et de suivre, tout au long de l’année qui précède, des week-ends de formation qui les sensibilisent aux inégalités entre le Nord et le Sud.

Un cycle en trois temps

L’objectif de DBA est de former des citoyens de demain engagés et plus conscients des réalités. Afin d’optimiser l’impact du projet sur les doïtiens (jeunes participant au projet), celui-ci se fait en trois temps.

En premier lieu, s’informer sur le monde qui les entoure. Tout au long de l’année, les participants sont invités à des week-ends de formation au cours desquels ils sont amenés à réfléchir aux problématiques géopolitiques entre le Nord et le Sud et ainsi à mieux appréhender le séjour de trois semaines en Afrique. « La formation, c’est très chouette parce qu’on en apprend beaucoup sur le monde et ses différentes facettes », nous dit Lucien qui est parti à Madagascar l’année passée. Lui, comme 350 autres jeunes, a pu débattre sur l’actualité, sur l’environnement, sur les stéréotypes, etc., et également avoir une plus grande ouverture d’esprit.

Ensuite arrive le mois de juillet et le départ pour l’un des six pays d’immersion : le Maroc, le Sénégal, le Burkina Faso, le Bénin, le Rwanda et Madagascar. Sur place, les participants font la rencontre de leur « correspondant », des habitants des pays du sud de leur âge. Ensemble, ils ont l’occasion de partager, d’échanger ou encore de débattre autour d’un projet commun qui a pour but d’améliorer la vie des habitants locaux. Afin de véritablement s’immerger dans les réalités africaines, les jeunes Belges participent à des chantiers dits « secondaires » où ils découvrent le fonctionnement de l’éducation, de la santé ou encore de l’économie du pays en étant plongés dans la vie des populations locales.

Finalement, après un voyage riche en émotions, les désormais didïtiens sont conviés à une journée retour pour parler de leur ressenti post-séjour mais également pour les diriger vers de nouvelles façons de s’engager et de se mobiliser pour un monde meilleur.

Une expérience épanouissante

L’impact du Cycle Do it est évalué par une enquête annuelle interne dont voici quelques résultats significatifs : 88% des jeunes estiment avoir développé leurs capacités d’analyse et d’argumentation et 86% disent avoir gagné en confiance en eux. Le Do it permet donc d’en apprendre plus sur le monde mais aussi sur soi-même. Emma, qui est partie à madagascar, nous explique que ce projet « permet de nous poser des questions et d’y trouver totalement des réponses » et Lola, doïtienne 2018, ajoute que pour elle, « le Do It, c’est vraiment une super belle expérience de vie ». 

Des citoyens engagés 

Thomas, qui est parti au Bénin en 2018, nous confirme que ce qui a beaucoup changé pendant son séjour, c’est le regard qu’il portait sur le monde. Il a pris conscience des inégalités présentes et du superflu qui existe en Europe. Il a maintenant envie de se mobiliser comme citoyen ainsi que la majorité des doïtiens partis la même année. Selon eux, ils ont tous une responsabilité et l’on ne peut pas fermer les yeux sur les inégalités géopolitiques.

Ils soulignent aussi que la jeunesse a un rôle à jouer dans les changements futurs et qu’elle représente un avenir meilleur. Pour les accompagner un peu plus loin dans leur démarche, DBA lancera son premier Do it en Belgique pour les anciens participants. Celui-ci consiste à aller à la rencontre des personnes qui posent des actes concrets ici en Belgique et qui ont un impact à leur échelle sur le monde qui les entoure. 

Pour Camille, qui est parti à Madagascar, « on a trop souvent l’impression qu’on est tout seul dans notre monde, on a nos habitudes et puis on ne les change pas parce qu’on pense vraiment qu’on est tout seul et finalement, quand on part découvrir le monde, on se rend compte qu’il y a plein de richesses et qu’on apprend tellement de choses. » 

Léa D. / S7FR / EEB1 Uccle 

Photos : DBA 

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