Beaucoup de langues = beaucoup d’avantages ?

Un environnement plurilingue à Bruxelles 

“How are you?”, “Wie geht’s?”, “Cómo estás?”, “Jak leci?”… C’est ce qu’on entend lorsque l’on monte dans un métro bruxellois bondé un après-midi quotidien à n’importe quel moment de l’année. Si vous avez en plus su répondre à ces questions avec “Good”, “Gut”, “Bien” et “Dobrze ” et si vous êtes en train de lire cet article en français, il est probable que vous apparteniez à la minorité de la population mondiale qui parle plus d’une seule langue. Bruxelles est une ville internationale. C’est ce que l’on ressent chaque jour et partout : ne serait-ce que dans le métro, dans les magasins, ou dans un bar caché dans une des nombreuses ruelles au centre-ville. À Bruxelles, les gens viennent du monde entier et beaucoup d’enfants grandissent dès le début dans un environnement international, multiculturel et surtout : plurilingue. Parler plusieurs langues dès l’enfance : bénédiction ou malédiction ? Certes, la réponse à cette question n’est pas univoque, mais en pesant les aspects positifs et les inconvénients, les avantages d’une éducation plurilingue se manifestent clairement. 

Trop de langues, trop d’information ? 

Alma a six ans. Elle est une fille sereine et tonique qui resplendit de joie et qui aime jouer sur la plaine de jeux. Alma parait être une jeune fille comme les autres, mais elle a une particularité : elle appartient à la minorité mondiale considérée comme plurilingue, car elle est germano-anglaise et est scolarisée dans une école belge, où elle parle le français avec ses camarades de classe. Alma parle l’allemand, le français et l’anglais couramment et arrive à alterner entre les trois langues en une fraction de seconde. Cette maitrise parfaite de trois langues lui permet de communiquer avec une énorme quantité de personnes dans son environnement. Toutefois, même si Alma s’en sort bien avec les différentes langues, elle hésite parfois entre plusieurs mots ou bien remplace un mot d’une langue avec le correspondant dans une autre. Le plurilinguisme engendre-t-il donc une sorte d’état de confusion mentale dans le cerveau de l’enfant ? Cette affirmation, autrefois très répandue, n’a jamais été prouvée. Au contraire, des résultats de recherche moderne prouvent même sa fausseté. L’hésitation que connait Alma est en réalité que la preuve d’une activité de son cerveau extraordinaire.  

Quels avantages d’un cerveau familiarisé avec le plurilinguisme ? 

Alma n’en est peut-être pas encore consciente à ce point, mais le fait qu’elle grandisse en apprenant plusieurs langues à la fois peut lui offrir beaucoup d’avantages dans sa vie future.  
Premièrement, une étude de trois psychologues de l’université Stanford en 2008 a montré que des enfants plurilingues ont des facilités à se mettre dans la peau d’autres personnes. Concrètement, l’étude consistait à montrer une série de jouets à des enfants mono- et plurilingues. En face de l’enfant se trouvait un adulte, qui ne pouvait pas voir le plus petit des jouets depuis sa position. Ensuite, l’adulte a demandé à l’enfant de bouger le plus petit des jouets. On a pu observer que les enfants monolingues ont d’avantage bougé l’objet effectivement le plus petit qui était d’ailleurs seulement visible pour eux, tandis que les enfants plurilingues ont plutôt bougé le plus petit des jouets, encore visible pour l’adulte. Les enfants multilingues se sont donc mis dans la peau de l’autre personne et ont intégré sa position dans leur comportement.  
Un autre avantage de l’éducation plurilingue est le fait que les enfants aient beaucoup plus de facilités à apprendre une nouvelle langue que les adultes. En effet, il est presque impossible pour un adulte d’apprendre à parler une langue étrangère sans accent, simplement parce que le cerveau humain perd sa capacité de pouvoir s’adapter et apprendre une langue sans accent au fil du temps. Les enfants entendent de fines nuances de prononciation que les adultes n’arrivent pas à distinguer. 
Le troisième avantage dont profitent les personnes multilingues a été découvert par la scientifique Ellen Bialystok, qui a analysé le développement de la maladie d’Alzheimer chez des personnes mono- et plurilingues. Elle a su démontrer, qu’en moyenne, les personnes plurilingues à vie développent la maladie 4 ans plus tard que les personnes monolingues. La scientifique suppose que des personnes multilingues doivent souvent réprimer l’impulsion de prononcer un mot dans une mauvaise langue par accident. 

J’aime les langues ! 

Moi, en tant que personne qui a également su profiter d’une éducation plurilingue pendant mon enfance, je ne peux qu’encourager les parents à faire apprendre à leurs enfants des langues étrangères le plus tôt que possible, car c’est le moment où ils ont le plus de facilités à les maitriser correctement. Les langues n’ont pas seulement des effets bénéfiques sur le cerveau des enfants, elles sont, d’autant plus, une ouverture sur le monde et sur d’autres cultures. Mais si vous êtes une personne qui n’a pas eu la chance d’avoir grandi dans un environnement plurilingue : ne vous inquiétez pas ! Il n’est jamais trop tard pour apprendre une nouvelle langue. Pour commencer, voici une petite leçon débutante dans ma langue maternelle, l’allemand : 
Bonjour : Guten Tag 
Au revoir : Auf Wiedersehen 
Merci : Danke 
J’aime les langues ! : Ich mag Sprachen! 

Texte : Antonia Siebert / S7DE / EEB1 Uccle 

Sources : 

Photos : https://www.fau.de/2017/09/news/warum-gibt-es-verschiedene-sprachen/ 
https://www.brigitte.de/academy/karriere/welche-sprache-lernen–7-angesagte-fremdsprachen–11525526.html 
https://www.edutopia.org/article/resources-for-teaching-english-language-learners-ashley-cronin 
http://www.paradisi.de/Health_und_Ernaehrung/Anatomie/Gedaechtnis/News/115599.php 
https://muttis-blog.net/wie-kinder-am-besten-sprachen-lernen/ 

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